mardi 23 janvier 2018

Cathares

Citadelles

Ton jean abandonné sur le sable: une mue presque parfaite et qui garde ton odeur. La plage est irréelle – comme un cadeau – déserte et ses yeux sont gris ciel. Tu nages dans le retour, le temps coule entre mes doigts.

Als Catars, als martirs del pur amor crestian... Ces fous de Dieu, qui construisaient des cathédrales avec l'herbe des chemins, les sangliers dans les forêts touffues, avec l'eau verte des fontaines et les oiseaux du crépuscule... Ainsi le monde était parfait, l'Eden sentait le thym, la résine et la pierre chaude. Des citadelles coulait, en cascades rayonnantes, le rire des femmes comblées.

La vague tendre à tes hanches a éteint tous les bûchers, tu trembles un peu dans la serviette. Un couple au loin approche, qui longe le rivage: le miroir nous amuse.

(publié dans Décharge n°160, version légèrement différente)



photo L.D (Sète)

* Plutôt qu'illustrer le poème avec un chateau cathare, j'ai choisi une photo perso datant grosso modo de son écriture. Je me souviens aussi que je lisais alors Henri Gougaud.

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