samedi 21 janvier 2017

Tout fout l'camp


      Même les grands espaces vierges de vie moderne.

Photo L.D


Geronimo weeps
no poney
with a blanket

Jack Kerouac

mercredi 18 janvier 2017

Jean-Michel Robert


                                                   VISITATION

      J'aime bien les merles,
      les chats matinaux qui veulent simplement visiter.
      Je leur parle, ça vaut le tour du propriétaire qui ne possède rien,
      ne veut rien posséder.
      J'aime leur façon de comprendre, de ne pas insister;
      j'aime le respect d'un bond, d'un envol.
      J'aime cette présence qui n'exige pas la mienne.


                                                   J'OSE

      Souvent j'ose croire que les êtres sont,
      dans leurs profondeurs, moins bafouillés que leurs actes.
      Aussi me croit-on moqueur; alors que,
      simplement, je glande dans la fraternité.

       Après j'irai chanter (Gros Textes)


Aquarelle de Hugo Pratt

mardi 17 janvier 2017

Similitude

Celle-ci ne laissera pas le monde en état de choc, mails elle était tout de même à souligner.


 Georges Braque

Ralph Gibson

lundi 16 janvier 2017

S comme Scie


      Ou l'humanité expliquée aux enfants...

collage Dani Sanchis

vendredi 13 janvier 2017

Perspectives


La pomme dans la fleur
la table sous l'écorce

la vitre dans le sable
le nu
dans le fusain

la mer
au bout des rails et le sel
sur tes épaules et sur tes seins

( poème et photo L.D )

mercredi 11 janvier 2017

Hasta siempre


A l'occasion d'une photo qui m'a touché, je ressors un vieux truc (désolé les jeunes) du temps où le mp4 s'appelait saphir ou diamant. Du temps où les abrutis multimilliardaires ne faisaient pas toujours ce qu'ils voulaient... Hasta Siempre, Pour toujours. Un "tube" chanté ici par son auteur Carlos Puebla (1917-1989).





Photo Sydni Luethi

lundi 9 janvier 2017

Art post-it


Dix secondes pour sourire
L. D - dessin sur Post-it

Le fond est en couleur (aquarelle rouge orangé) mais je n'ai pas réussi à le traduire correctement sur l'ordi, donc passage en NB.

samedi 7 janvier 2017

Trop de



Ah cette impression, au bout d'une heure dans un musée, 
de ne plus rien voir que la grandeur des salles.

(Pensées, en hectoPascals)


photo Thomas Struth

jeudi 5 janvier 2017

La création


Je ne suis pas poète mais cinéaste sans caméra
Je ne suis pas poète mais peintre sans couleurs
Je ne suis pas poète mais danseur sans souplesse
Je ne suis pas poète mais photographe sans objectif
Je ne suis pas poète mais travailleur au petit matin
Je ne suis pas poète mais amoureux de ma femme
Je ne suis pas poète mais père de deux enfants
Je ne suis pas poète mais alpiniste des grandes œuvres
Je ne suis pas poète mais je me soigne aux livres essentiels

Je ne suis pas poète mais je descends aux poubelles deux fois par semaine
et dans mes déchets il y aurait certainement ma vie à lire
comme tout un tas de poèmes ratés
intellect mal organisé mal luné mal appris hop-là boum à la corbeille
et d'ailleurs celui-là n'échappera pas à la grande rature
déjà je n'y reconnais plus mon visage ni mes origines
et d'ailleurs quelles étaient-elles mes origines
fils d'ouvrière ça c'est du sûr
descendant d'un chef indien du Cambodge – Anus bridé
bachelier de justesse et jamais eu de passeport
rien à dire donc mon enfance
fut aussi vide qu'un paysage de William Turner
mon papa pour Noël ne rentrait ni du Pérou ni d'ailleurs
aucune célébrité pendue aux branches de notre arbousier généalogique
aucun événement majeur digne d'intérêt
(ah si, à l'âge de treize ans j'ai rencontré Mikis Théodorakis
un drôle de balaise qui m'a serré dans ses bras parce que j'avais froid mais qui me croirait
– beaucoup plus tard j'ai lu des poètes grecs et mangé ma première aubergine)
et pour comble de platitude
je n'ai eu ni la rougeole ni la varicelle ni même un oncle communiste ou anarco-syndicaliste
parenté susceptible d'un minimum de développement créatif

Ceci dit ne comptez pas sur moi pour ronger l'os existentiel ou alors ma libido
certains font ça très bien à longueur de bouquins
des qui savent se torturer l'esprit (et le nôtre) avec raffinement
broder une abstraction lyrique digne des meilleurs sites ostentatoires
pas sur moi non plus pour développer une industrialisation du poème étalon
ivresse à la mesure des bibliographies les plus élastiques
Alors quoi quel sujet aborder en gueulant sus à la Royale
(il faut bien gueuler quelque chose quand ça vous démange)
quelle cible sinon le monde – Mundus, Terra Nostra – qui tourne sur lui-même en écrasant au passage une poignée d'enfants doués de malchance
ce "monde" qu'il ne faut pas confondre avec la "terre" question de sémantique
car la terre est aussi belle que le monde est laid
(placez une bagnole à côté d'un arbre et dites-moi lequel des deux a l'air vrai)
un bon sujet ça le monde inépuisable et traduisible en vingt cinq langues
avec son corollaire que certains appellent amour mais c'est un raccourci qui shunte évidement la grâce des girafes

Oh putain ça y est voilà que j'ai omis – synonyme langagier d'oublier
pendant que j'écrivais la descente aux poubelles
et croyez-moi l'ambition ça vous a une odeur terriblement âcre et qui s'imprègne
alors excusez-moi il faut que j'aille un peu
ouvrir mes deux fenêtres


Kimura