lundi 3 juillet 2017

Les enfants (fiction)


Voulant croire que les enfants, d'une manière ou d'une autre, prendront plus tard les choses en main, voici la séquence "collages" du jour.
Petit plus: on notera une rime riche entre les noms des deux artistes.


 Andréa Floris


Eugenia Loli

samedi 1 juillet 2017

Pensées


           Écrire
           c'est marcher
           pas à pas     vers soi
           qui nous attend là-bas
           patiemment     dans le jour
           et sachant tout déjà

           *

           Le destin
           qui sait très bien
           où vont nous porter nos erreurs
           comme au poker
           ne joue jamais cartes sur table
           il faut payer pour voir

              poèmes parus dans la revue Écrits du Nord en 2016


Gilbert Garcin

mercredi 28 juin 2017

Histoire d'os


Il fut un temps, pas si lointain, où ce blog s'appelait Mille lieux, baptisé ainsi pour tenter de déporter l'égo vers d'autres horizons. Par esprit de nouveauté et surtout parce que le contenu lui-même était en train de changer (pas très visible à l'œil nu il est vrai) il fallait lui trouver une nouvelle identité. Vous avez chers lecteurs échappé à mille niaiseries du genre Crépuscule saumâtre ou L'enclume des jours (pas mal mais déjà pris) mais ce fut une lecture attentive de l'anthologie Jacques Simonomis rédigée par Christophe Dauphin qui mit fin à la recherche. Ultime n° de la revue Le cri d'os publié par Les hommes sans Epaules, où l'on peut lire ces vers: Une flûte en os / innocemment / dans le vent.

Affection pour les écrits de ce poète antimilitariste, employé du tri postal en wagon, beauté amusée de son pseudo (Simon + nomis, Simon à l'envers) qui recèle un doux parfum de grécité,... le nom du blog était trouvé, en même temps qu'inséré un modeste hommage en filigrane. L'os de Simonomis, c'est toute la force et le renouveau de la vie même malgré la connerie humaine. Et puis ces deux vers du poème Regarde dédié à Jean Rousselot: L'os égalitaire / a le dernier mot.


dimanche 25 juin 2017

Changez tout


Lu dans Décharge 174 paru récemment:

Tu sais trop combien le sommeil est difficile pour le paysan devenu fonctionnaire de l'Europe, simple rouage désormais d'une machine à emprunts, à intérêts, qui se doit de croître en permanence

tu sais trop combien ton grand-père est mort parce qu'il épandait des produits miracles par hectolitres sans la moindre protection

il s'extasiait devant des fruits énormes et lisses, comme si le sol avait soufflé dans les racines pour les gonfler

cette illusion s'évanouit quand la prostate ou le pancréas se parent de taches sombres
[...]
extrait de Verger, Cédric Le Penven



Beaucoup déclarent ignorer ce qu'est la poésie, vaste contrée quasi impossible à cerner, mais le poète, lui, est d'évidence un individu vivant dans un environnement (naturel, social, familial,...) qui le forge et transpire dans ce qu'il écrit. Il y a en poésie des "je" qui pèsent leur poids de conscience communautaire, qui transcendent l'expérience individuelle pour mettre l'art des mots au service d'idées justes. Bien sûr pour apprécier son développement c'est l'intégralité du texte confié à Décharge qui est à lire.

* En titre du billet une chanson de M. Jonasz enregistrée en 1975, il y a quarante ans donc...
** A voir ou à revoir "Nos enfants nous accuseront" documentaire de Jean-Paul Jaud sorti en 2008


Arcimboldo